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Maîtriser les dépenses tout en maintenant la qualité des services
rendus aux habitants, poursuivre les investissements sans alourdir
la dette : telles sont, dans un contexte national délicat, les
lignes directrices de l’action municipale pour ce nouvel
exercice budgétaire. Déchiffrage.
Eaubonne n’échappe pas, bien entendu, à la tendance générale
à la dégradation des finances communales. Elle se trouve même plus
touchée que nombre de communes puisque notre ville perd, en plus,
en 2006, d’importantes recettes qui lui étaient jusqu’à
présent versées par l’Etat.
Des
dépenses de personnel maîtrisées
Les dépenses de personnel représentent à elles seules plus de 60 %
du budget de fonctionnement de la ville. Au niveau national, elles
augmentent mécaniquement de 3 % en moyenne. A Eaubonne cette hausse
a été contenue à 2,84 % malgré le recrutement d’une chargée
de mission environnement, de deux assistantes maternelles,
d’un animateur pour le bureau information jeunesse et
d’un instructeur pour les permis de construire. Cette
dernière tâche assurée auparavent par les services de la DDE, a été
mise à la charge des communes sans aucun financement
correspondant.
Le
“panier du Maire”, qui mesure l’évolution
des prix que paient les municipalités, augmente largement plus vite
que l’inflation officielle. “Aucun des facteurs
principaux ayant assuré le bon équilibre des finances locales ces
dernières années n’a de chance de se proroger au cours des
années qui viennent” affirmait Philippe Laurent, Président de
la commission des finances de l’Association des Maires
d’Ile de France, lors du Salon de la Nouvelle Ville, le 4
avril 2006.
A l’heure où les besoins des usagers se multiplient et où
l’Etat finance ses réductions d’impôt par des
transferts de charges aux collectivités territoriales (régions,
départements, communes), l’idée selon laquelle il
“n’y a qu’à” diminuer les dépenses lorsque
les recettes ne progressent pas autant est aussi simpliste que
fausse.
“Gouverner c’est prévoir” dit-on. Cela
signifie qu’un budget ne se fait pas avec une vision à court
terme sur le seul exercice qu’il finance : l’Etat a
supprimé à Eaubonne 981 000 € de ressources régulières,
qu’il faut remplacer par des recettes pérennes. Les élus ont
donc décidé d’agir selon trois axes forts :
-
répartir une augmentation d’impôts équivalente à la moitié
de cette somme sur deux années (2005 et 2006) pour garder des
marges de manoeuvre pour l’avenir sans étrangler les
Eaubonnais,
-
poursuivre le programme d’investissements prévu en
limitant le recours à l’emprunt,
-
offrir aux Eaubonnais un service public de qualité et développer
la vie sociale tout en encadrant systématiquement les coûts des
actions mises en oeuvre.
Faire mieux avec moins
Cette année, un effort tout particulier de maîtrise des coûts de
fonctionnement a été réalisé sur l’ensemble des secteurs
municipaux. L’objectif est clair : “faire mieux avec
moins” et redéployer les moyens pour maintenir la qualité de
service offerte aux Eaubonnais. Ainsi les dépenses de
fonctionnement ont pu être globalement contenues à une augmentation
de 1,27 %, bien en deçà de l’inflation (évaluée entre 2 et
2,5 % pour 2006) alors que nos recettes totales sont en baisse de
0,20 %, malgré l’augmentation d’impôts de 2,5 %. Dans
ce contexte de rationalisation, les priorités de la ville vont à
l’éducation, à l’enfance et à la solidarité avec les
personnes âgées ou démunies.
L’éducation
En matière d’éducation, on notera
l’augmentation du soutien de la ville aux projets
d’écoles (+ 50 %, à 46 000 €), qu’il
s’agisse des classes autogérées – séjour préparé par
les enseignants et les élèves– plus nombreuses et pour
lesquelles le quotient familial a été mis en place, ou qu’il
s’agisse de projets d’établissement comme celui de
l’école Jean Jacques Rousseau I, “Adoptons un
jardin”, distingué l’an dernier au niveau national. On
peut également citer l’augmentation des dépenses liées à
l’amélioration des transports scolaires (+ 48 %, à 50 500
€). Les centres de loisirs maternels voient également leur
budget augmenter (+ 14 %, à 141 600 €) de pair avec leur
activité d’animation. Dans le même temps, la Ville stabilise
ses dépenses en matières de restauration grâce à une meilleure
maîtrise des commandes auprès de la Sodexho et un meilleur suivi
des impayés.
La petite enfance et la jeunesse
Malgré une baisse globale des recettes, liée
essentiellement aux changements d’orientation de la Caisse
d’Allocations Familiales, la crèche collective et la halte
garderie voient leur activité croître. Le budget de la première
augmente de 26 % (à 128 000 €), et celui de la seconde de 7 %
(à 16 800 €). Malgré un budget en légère baisse (-3,33 %, à
155 000 €) le secteur de la jeunesse améliore son action
auprès des jeunes Eaubonnais avec, notamment, la transformation
effective du Point d’Information Jeunesse (PIJ) en
Bureau d’Information Jeunesse (BIJ) : structure tenue
par deux animateurs au lieu d’un pour une amplitude horaire
élargie et dotée d’un équipement informatique de qualité. On
peut évoquer également Eaubonn’ Street, une journée
importante en termes de participation, de citoyenneté et de mixité
sociale, organisée en partenariat avec les jeunes eux-mêmes et les
associations. Enfin, on notera la mise en place de chantiers
éducatifs destinés à une dizaine de jeunes, en collaboration avec
l’Association départementale de prévention de la
jeunesse.
La solidarité
Le budget du Centre communal d’action sociale, auquel
la ville participe à hauteur de 982 000 € en 2006 (soit plus
de 50 %) reste stable. Cependant, cette stabilité reflète mal le
renforcement, encore cette année, de la lutte contre
l’isolement des personnes dépendantes par le biais de
l’animation - spectacles, sorties, jeux - et leur
mise en relation avec les seniors des foyers résidences Condat et
Dangien. Le service des soins infirmiers à domicile voit sa prise
en charge par la Ville augmenter de 20 %, à 450 000 €. Il en
va de même du portage de repas à domicile dont le budget croît lui
aussi de 20 %, à 21 800 €. Des travaux à la résidence Dangien
- réfection de logements, climatisation de la salle
d’animation - sont prévus pour un montant de 170 000 €.
De son côté, l’aide aux familles en difficulté, donnée en
concertation avec les organismes caritatifs - Secours populaire,
Croix rouge - est en augmentation de 62 %, à 45 725
€.
Investir dans
l’avenir
Grâce à une gestion prévisionnelle de ses dépenses, Eaubonne
peut, malgré ses difficultés, à la fois faire face à
l’entretien régulier de son patrimoine immobilier (3,8 M
€), doter les services des matériels et mobiliers
nécessaires à leur bon fonctionnement (800 000 €), consacrer
une enveloppe de 200 000 € aux dépenses initiées par les
conseils de quartier, rembourser le capital de la dette (2,1 M
€), tout en finançant les plus grosses opérations de son
programme pluriannuel d’investissement. Les trois projets
phares de ce programme vont démarrer véritablement cette année, les
études et marchés publics nécessaires à leur réalisation ayant été
montés en 2005.
En savoir plus sur les grands
projets de la ville
Des financements judicieux
Afin qu’il soit supportable par les Eaubonnais, la
municipalité finance cet ambitieux programme
d’investissements en ayant recours à toutes les possibilités
offertes aux communes. Notamment les subventions, qui ont été
systématiquement recherchées de façon à réduire le plus possible le
solde à la charge de la Ville. Ainsi, Eaubonne finance le Centre de
51,28 % seulement de son coût global. Cette participation descend à
45,63 % pour le Centre culturel et à 45,11 % pour l’Espace
jeunesse, ce qui est remarquable. Notre ville a donc parfaitement
su bénéficier des possibilités de financement offertes par les
autres niveaux de collectivités territoriales et différents
organismes. Si elle ne l’avait pas fait, ces fonds,
destinés à des opérations similaires, auraient bénéficié à
d’autres. Elle a aussi privilégié le recours à des ventes de
biens immobiliers - qui coûtent plus à la Ville qu’ils ne lui
rapportent- inscrites cette année pour 2,3 M€. Enfin, Eaubonne
a su aussi maintenir un niveau régulier et constant d’épargne
qui lui a permis de ne pas faire porter les conséquences de
ses décisions d’équipement sur les générations à venir et de
limiter le recours à l’emprunt à 3,9 M€. Le choix
volontaire de répartir le financement de ses investissements sur
plusieurs leviers - autofinancement, subvention, cessions
immobilières, emprunts - montre que, malgré un contexte difficile,
la municipalité continue d’équiper Eaubonne tout en
préservant les générations futures.
Un niveau d’endettement
sain
Malgré des opérations
d’envergure, comme la construction du gymnase Nelson Paillou,
l’aménagement de la Coulée verte, la réfection de la piste
d’athlétisme et la réhabilitation de l’Hôtel de Ville,
l’encours de la dette d’Eaubonne au 1er janvier 2006 a
diminué de 4 M€ par rapport à ce qu’il était en 1999,
retrouvant le niveau de 2001 (voir graphique).
L’endettement par habitant est limité à 752 € contre
une moyenne de 1019 € pour les communes françaises de même
taille (source Etat, budgets 2005). L’annuité de la dette
d’Eaubonne n’est que de 121 € par habitant, contre
145 € pour la moyenne. Le taux moyen global des emprunts, lui,
est réduit à 3,89 %, alors que la moyenne se situe à 4 %.