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Le budget de la ville 2007



 


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Comment, dans un contexte financier délicat,maîtriser les dépenses et maintenir la qualité des services rendus aux habitants tout en achevant un programme d’investissements conséquent? Tels sont les termes de l’équation budgétaire qu’Eaubonne doit résoudre encore cette année. Voici les solutions choisies pour l’exercice 2007.

Le budget 2007, voté par le Conseil municipal du 27 mars dernier, est celui qui doit finaliser les actions municipales mises en place depuis 2001. Il s’inscrit cependant dans un contexte général de finances locales assez dégradé.

Le “panier du Maire”, indice qui retrace l’évolution des prix des biens et des services à la charge des communes, augmente de 3,8%, soit de plus du double de l’inflation (1,8%). Toutes les villes de France sont concernées. Dans le même temps, la plus importante recette versée par l’Etat aux communes, la Dotation générale de fonctionnement, n’augmente pour la Ville que de 0,78%, soit deux fois moins que cette même inflation.


Eaubonne, qui n’est pas une ville riche, donc “aisée”, n’est pas non plus une ville pauvre, donc “aidée”. Conclusion : elle est condamnée à “se débrouiller”. Et c’est ce qu’elle fait.

QUESTION À
Gérard Brunaud
1er adjoint au maire
chargé de l’économie,
des finances et de
l’intercommunalité

Eaubonne magazine :
le Conseil municipal n’a pas augmenté le taux des impôts locaux cette année.
Comment cela est-il possible compte tenu des pertes de recettes confirmées par ailleurs ?

Gérard Brunaud : Effectivement, nous n’en avons pas besoin. Et il en sera de même pour 2008.
C’est l’application de la stratégie financière définie en 2005,
lorsque nous appris la suppression d’un million d’euros de dotation de solidarité dont la ville bénéficiait jusqu’ici.
Ainsi, le taux des impôts avait été augmenté en 2005 et en 2006 – et cette augmentation ne couvrait que la moitié du montant des recettes supprimées par l’Etat - car il fallait garder pour l’avenir les marges de manoeuvres budgétaires nécessaires à la réalisation des actions engagées. Cet esprit d’anticipation, les économies de fonctionnement réalisées et la programmation des investissements depuis plusieurs années, permettent de boucler le budget 2007 sans augmentation du taux des taxes locales. Et ce, malgré l’écart entre l’évolution nécessaire des dépenses de fonctionnement (+4,12%, soit 22,2 M ), et celle des recettes prévues (+2,55% seulement, soit
24,3 M ). Il nous reste donc, ainsi, une marge de manoeuvre pour l’avenir.




Un équilibre financier assuré dans la durée

Un bon budget s’inscrit dans une vision financière sur le long terme. Ainsi, cela fait plusieurs années que des économies systématiques sont recherchées en matière de fonctionnement, de façon à dégager une épargne suffisante pour réaliser le plan pluriannuel d’investissements nécessaires à l’équipement de la ville. Contenir l’augmentation des dépenses est un objectif qui a déjà abouti. L’épargne promise de 500 000 euros sur les dépenses de fonctionnement a été réalisée et sera réinvestie. Les crédits affectés dans la plupart des secteurs de l’action municipale sont maintenus au niveau de l’année dernière et les dépenses de personnel, qui augmentent de 3,99%, dépassent de peu le ratio moyen national (+3,6%) avec le recrutement d’un agent de développement local (qui sera financé en partie par des subventions) et ceux de trois régisseurs, en fin d’année 2007, qui assureront le fonctionnement du futur Centre culturel. Ces dépenses restent inférieures à la moyenne, comme le montre le graphique ci-contre.

Les priorités, au nombre de trois cette année, portent sur le secteur social et sur la montée en charge prévisible en matière d’action culturelle et d’éducation. Ainsi, les budgets à venir ne subiront-ils pas les contrecoups d’une absence d’anticipation.


L’action sociale

La mise en cohérence des diverses composantes de l’effort de la ville se poursuit, avec le renforcement du rôle central du Centre communal d’action sociale (CCAS) qui voit, pour la première fois, sa subvention dépasser le million d’euros. Cela lui permettra à la fois de conforter ses actions de solidarité, et de mieux répondre à l’évolution des besoins des Seniors sur Eaubonne, à travers la rénovation
de logements dans la résidence Dangien, en attendant une réhabilitation importante du bâtiment.

L’action culturelle

L’augmentation du budget de l’action culturelle (+ 11,3 %) s’opère en préfiguration de l’ouverture du Centre culturel. Elle anticipe la mise en place de la future programmation du lieu (spectacles professionnels) et l’ensemble des actions de formation, de découverte et de collaboration artistique qui l’accompagneront. Cette montée en charge progressive devrait se poursuivre de la même manière en 2008.

L’éducation

Les budgets du Centre de loisirs élémentaire (ex-CCLS) et des Centres de loisirs maternels augmentent respectivement de 9% et 16,6%. Ces augmentations marquent une volonté de maintenir la qualité de l’accueil et des prestations proposées (sorties sportives et
culturelles, frais de restauration et de transport, achat de matériel) malgré la forte hausse de fréquentation attendue dans ces structures. Dans les écoles, la rentrée marquera la montée en puissance des actions éducatives, avec, notamment, un projet de prévention de l’obésité, la mise en place d’un permis piéton à partir du CE2 ou la valorisation de la lecture sur le temps de la pause méridienne.

La finalisation du programme pluriannuel d’investissements

Les investissements, ce sont d’abord l’entretien du patrimoine immobilier de la ville, les dépenses de voirie et de matériel
des services techniques (qui représenteront cette année 3,4 M  dont 0,2 M  pour les conseils de quartier), les acquisitions de mobilier, de logiciels et de matériel divers (0,4 M ), les acquisitions foncières (1,1 M ) destinées à la réalisation de futurs logements, dont le
besoin est criant sur la ville, et, bien sûr,l’annuité de remboursement d’emprunts (1,8 M ). Au-delà, le budget d’investissement de 2007 comportera principalement les crédits nécessaires à la réalisation finale des derniers gros investissements du programme pluriannuel.
Ce sont 6,7 M  qui seront consacrés cette année :

  • à l’Espace jeunesse, pour une enveloppe finale de 0,8 M ,

  • au Centre de loisirs maternel du Val Joli (2,75 M  cette année, avec le mobilier, les travaux inscrits sur 2006 ayant été différés)

  • à l’achèvement des courts de tennis couverts de Suzanne Lenglen, (0,05 M )

  • au Centre culturel (pour 3,1 M  dont 0,4 M  d’équipements scéniques et de mobilier).

Cette dernière réalisation coûtera, au total, un peu moins de 5 M, après prise en compte des travaux supplémentaires imprévus nécessaires à la consolidation du terrain sur lequel elle est bâtie. Cette salle, qui accueillera 350 spectateurs et contribuera largement à la dynamisation et au rayonnement de la ville, sera subventionnée à hauteur de 1,6 M , somme à laquelle il faut ajouter un remboursement de TVA d’environ 0,7 M, ce qui, au final, laissera 2,7 M  à la charge d’Eaubonne. Si cette somme peut paraître importante à première vue, il suffit de la rapprocher du coût de réalisations comparables dans la vallée de Montmorency pour conclure qu’il s’agit en fait d’un montant raisonnable. La ville de Taverny, notamment, a construit récemment un centre, certes plus grand (482 places), mais dont le coût global avoisine les 10 M , dont environ 6 à la charge de la ville. Le détail de ces gros investissements a déjà fait l’objet de plusieurs articles au sein de cette revue. En revanche, le financement global du programme pluriannuel
d’investissements, entamé depuis 2003, mérite que l’on s’y attarde davantage.

En savoir plus sur les grands projets de la ville


Un financement équilibré, programmé et étalé sur plusieurs exercices

Ce financement, piloté “au plus juste”, a été, au cours des ans, volontairement anticipé et réparti sur les différentes possibilités ouvertes aux communes : les 17 M  de dépenses d’investissements affectées globalement à la rénovation de l’Hôtel de ville, la construction du gymnase Nelson Paillou, la réfection de la piste d’athlétisme, la construction du terrain multisports, la réalisation de la Coulée verte, la réfection de la rue Honoré de Balzac, les deux courts de tennis couverts du complexe Suzanne Lenglen, l’Espace jeunesse, le Centre culturel et enfin le Centre de loisirs maternel du Val Joli, auront été financés par 6,2 M  de subventions d’investissements, 2,2 M  de remboursement de TVA, entre 4,5 et 5 M  d’emprunts et entre 3,6 et 4,1 M  d’épargne volontaire obtenue à la fois par prélèvement sur les recettes de fonctionnement (argent mis de côté) et par quelques cessions
de patrimoine communal.

Ces cessions n’ont pas appauvri la ville, (voir tableau ci-contre) :
- tout d’abord parce qu’il s’agissait souvent de propriétés vétustes, dont les coûts d’entretien et de maintenance étaient parfois supérieurs à leur rapport en terme de loyers,
- mais aussi, parce que le patrimoine d’Eaubonne a été dans le même temps complété par des acquisitions de terrains et de voiries destinés à être valorisés par la suite, soit par la construction d’équipements publics (Val Joli), soit par la construction future de logements dont le besoin est fort sur la ville et qui, de surcroît, rapporteront ensuite de nouvelles recettes fiscales.

En somme, si l’on exclut les cessions à la Communauté d’agglomération Val-et-Forêt, rendues obligatoires par la réalisation de la ZAC du quartier de la gare, et que l’on valorise les voiries rentrées dans le patrimoine public, le niveau du patrimoine cédé est à peu près équivalent à celui du patrimoine acquis depuis 2001.

Dans le même esprit, l’emprunt est porté cette année à 4,2 M  (chiffre maximum prévu car la réalisation ne devrait pas excéder 3,7 M ). Il vient compléter les 9,7 M  qui financent l’enveloppe 2007 de dépenses globales d’investissement (2,5 M  d’épargne capitalisée, 1,5 M  pour la TVA et les taxes d’urbanisme, 2,8 M  de cessions et 2,9 M de subventions d’investissement). Globalement, l’emprunt devrait retrouver en 2008, après la réalisation de la totalité du programme, et aumaximum, le même niveau d’encours que celui de 2001, comme le montre le graphique ci-contre.

Eaubonne est déjà largement en dessous du niveau d’endettement des villes de France de même strate démographique (708   en 2007 contre plus de 1000 en moyenne) et, vu l’écart et la stratégie de financement équilibrée de ses budgets successifs, elle devrait le rester encore un certain temps.